Une souris dans le roquefort

Immigration choisie

Ici, je suis quelqu'un avec un passé migratoire. Eh oui. Réfléchissez deux minutes. On vous dit : immigré. Vous voyez : peau colorée, main d'œuvre, pas d'argent, envoi des ressources à la famille restée au pays. Ce n'est pas un reproche ; nous avons été formés ainsi, et pendant des dizaines d'années c'était la vérité. Les Allemands ont inventé plein de mots pour ces habitants de pays plus pauvres, les ont invités en masse pour prêter main forte à la reconstruction d'un pays en ruines, les ont appelés « Gastarbeiter » (travailleur-hôte). Maintenant, leurs enfants sont « mit Migrationhintergrund ». Et moi aussi. Migration je ne traduis pas, Hintergrund ca veut dire arrière plan.

Mais oui. Je suis « mit Migrationhintergrund ». Pas née en Allemagne, pas l'ombre d'un parent allemand, ma langue maternelle est latine et je suis arrivée ici pour des raisons économiques. Comme plein d'autres et pourtant pas pareille. Au début de mon séjour, j'ai pris des cours d'allemands. En compagnie d'une quinzaine d'autres, venant en majorité de l'est de l'Europe (Pologne, Ukraine, Géorgie) et de Turquie. Malgré nos pénibles balbutiements, on discutait à la pause et moi j'étais la deuxième classe des migrants. Les migrants de conforts. Les migrants qui choisissent. Les migrants qui vont chercher mieux certes mais qui ont déjà le mieux chez eux. Tandis que l'ukrainienne, elle venait chercher mieux parce que le mieux en Ukraine, elle avait laissé tomber. Dans nos essais de compréhension, elle disait « pas une VRAIE migrante ».

Alors voilà. Pour les amateurs de petites cases, je ne fais pas partie des femmes suivant leur mari fonctionnaire européen ou cadre de banque envoyé quelques années en Allemagne. Mais pas non plus des « immigrés », ces immigrés qui se coltinent le sale boulot que d'autres ne font pas*. Alors je suis quoi ? Je cherche encore.

* c'est mon opinion sur la question, que je partage avec moi-même.

Inspiré par la lecture de cet article (mais y a pas forcément un rapport) : L'immigration choisie est-elle une bonne solution ?

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White rabbit

Bon bon, on est en juillet, je fais ma déclaration d'impôts. Je sais, c'est tard... mais pas en retard, puisque j'ai déjà payé mes impôts pour 2006. Eh oui. La déclaration sert plutôt à récupérer des sous, qui ont donc été prélevés à la source. Les impôts, c'est comme des comptes épargne, mais sans interêts. Dommage. C'est tellement compliqué qu'il existe des dizaines de logiciels actualisés chaque année pour nous aider à faire cette p*** de déclaration. Je crois que c'est un des systèmes les plus complexes au monde, et pour les amateurs de mots allemands à rallonge, c'est le top aussi. Petit florilège : Sonderausgabenhöchsbeträge, Altersvorsorgeaufwendungen, Verdienstausfallentschädigung... Vous avez mal aux yeux, avouez. Je vous rassure, je ne sais pas non plus ce que ça veut dire, les logiciels susnommés sont entre autres faits pour rendre intelligibles ces mots dont les administrations ont la spécialité. Les Allemands ont même un mot pour cette langue : ça s'appelle du "Amtisch", ca veut dire "administratif", qui est différent du Hochdeutsch (Allemand littéraire), sans parler du Platt (Patois propre à chaque région).

L'année dernière j'ai récupéré 800€, et paf, tout dépensé dans l'achat de mon laptop chéri. Et aujourd'hui, je me fais rembourser une partie du même laptop parce que je l'utilise pour mon boulot. Je vous rassure, je n'ai pas l'intention de me servir de l'argent récupéré cette année pour en acheter un nouveau... ;)

PS : Je n'ai jamais fait de déclaration en France, peut être que c'est pareil finalement... 

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Dans la rue

 

En Allemagne, les noms sont indiqués au début des rues. Extraordinaire, non ? Ok non. Mais le truc appréciable, si vous regardez bien la photo, c'est qu'en dessous du nom de la rue, un petit panneau comporte des chiffres, qui indiquent quels numéros se trouvent entre l'intersection où se trouve le panneau et la suivante, et ce du côté de la rue où se trouve le panneau. Et ça, quand on ne connaît pas la rue où on se trouve, et qu'on a (exemple complètement au hasard) RV au numéro 132, chez le médecin, qu'on a déjà 2 toutes petites minutes de retard, ça évite de courir dans la mauvaise direction et d'arriver rouge de confusion ET d'essoufflement ! Ou éventuellement, si c'est une très longue rue, de remonter dans le tram où le bus pour parcourir la looongue distance restante.
Il n'y a pas ça en France, si ?

 

 

 

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Saucisson et gâteaux secs

Depuis que j'ai quitté le nid, je manque à ma Maman. C'est constitutif, congénital, et irrémédiable. Mais ça n'a pas que des inconvénients, hehe. Parce que quand elle s'ennuie un peu, ou qu'elle n'a pas envie de travailler, que les pakédkopis© s'empilent (ma maman est un peu flemmarde) (et elle ne lit pas ce blog), elle m'envoie des colis. Jusqu'à mon départ de France, ils contenaient plein de petites bêtises, des graines à planter sur mon balcon, une chemise de nuit, des trucs débiles, de la confiture maison et des sucreries. Les gateaux au sésame de G*e*r*blé par exemple, ou autres trucs miam miam. Mais là, c'est devenu n'importe quoi. Ca ne contient plus que des trucs à manger qu'on ne trouve pas à Roquefort bien que ce soit une grande (très grande) ville. Le dernier contenait ainsi un saucisson sec, une tablette de chocolat praliné "Elephant d'or", les fameux biscuits au sésame, des Pailles d'or, des petits beurre. 

Je fais pour ma part régulièrement de la contrebande de cornichons "tricot". Pour les ceusses qui en déduiraient que je suis enceinte, je démentis, j'aime les cornichons, c'est tout.  

PS : merci à Hélène pour l'inspiration de la note.

 

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Ah bon ?




Your Inner European is French!



Smart and sophisticated.

You have the best of everything - at least, *you* think so.

 

Pfff. Je croyais naïvement que j'étais devenue un peu moins française, apparement non (dans le meme ordre d'idée et sur le même site, "What City do you belong in?", ben la réponse est Paris). Zut. Pourtant, je me sens très peu représentative des opinions politiques majoritaires françaises. En ce qui concerne notre cher séprident, par exemple. D'ailleurs, saviez vous qu'ici, les initiales du cher petit (NS, suivez quoi) sont représentatives du National-Socialisme ? Coincidence gênante, loin de moi l'idée de comparer ou de faire le rapprochement entre la politique exterminatrice des nazis et la politique agitée du NS français, MAIS les blogs francais utilisent à qui mieux mieux ces initiales pour désigner le nouvel elyséen sans se faire gougueler sauvagement. Et moi, je sursaute à chaque fois et mon cerveau se rétracte d'angoisse. Avouez que c'est balot.

 

PS: aujourd'hui SiouperMum a 33 ans, allez lui faire des bisous avant qu'elle se noie de désespoir dans la Q10 ! 

 

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Mon troisième pays

Le premier, j'y suis née.
Le deuxième, j'y travaille et j'y vis. Et j'y ai trouvé mon escrogriffe.
Le troisième... Un jour, quand je serai grande, j'habiterai là-bas.

En 2005 j'ai visité Stockholm, Skånsen, le Wasa, tout ça. Magique.

En 2006, j'ai sillonné la moitié sud de la Suède jusqu'à 63°N, pour mon travail. Le temps était magnifique, nous avons écumé les petites routes, et avons trempé nos fesses et le reste dans un bon nombre de lacs. C'était... calme, malgré les milliers de km parcourus en une semaine.

En 2007, je ne sais pas. Mes finances m'interdisent une épopée, mais il va falloir que je trouve un moyen. Nous sommes invités à un mariage dans le nord, il faudrait trouver un moyen économique d'aller là-bas, des idées ? Il me faut ma dose de Suède, la visite à I*K*E*A et l'achat de sirop de sureau et de gâteaux aux épices ne suffit plus !!

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De l-à-propos dans une autre langue

L'humour, comme la délicatesse et l'à-propos, dans une autre langue que la sienne, c'est très difficile. Un de mes profs de lycée nous avait dit que l'on maîtrise une langue à partir du moment où on peut suivre les informations à la radio. C'est faux. On maîtrise une langue lorsqu'on sait demander sans être brusque, quand on sait « mettre les formes » et quand on arrive à s'exprimer sur un sujet délicat sans blesser.

Bien sur, il y a une composante personnelle, certains ne sont pas capables de « prendre de pincettes », ou n'estiment pas un sujet sensible, donc mettent les pieds dans le plat. Dans leur langue, ceci quel que soit leur niveau d'expression. Mais dans une autre langue, c'est encore plus difficile. Je suis ainsi perçue comme encore plus intransigeante et brutale par les allemands que par les français. C'est une des frustrations qui survient lorsqu'on devient capable de se faire comprendre dans une autre langue, on entre dans la phase « savoir exprimer des nuances subtiles ». Et on se rend compte du chemin qu'il reste.

Heureusement, pour faire pardonner ses faux-pas, on a gardé ce délicieux et si sexy accent français, sauvée !

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